Face à la dysfonction érectile, le sildénafil et le tadalafil sont les deux noms que l'on entend le plus souvent. Il existe pourtant une troisième molécule, plus récente et encore peu connue du grand public : l'avanafil, commercialisé en France sous le nom de Spedra. Sa particularité n'est pas d'être plus efficace — les grandes études ne montrent pas de hiérarchie nette entre les inhibiteurs de la PDE5 — mais d'avoir un profil pharmacologique différent, avec un délai d'action parmi les plus courts de sa classe. Voici ce que disent le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et la littérature scientifique.
L'avanafil, qu'est-ce que c'est ?
Comme le sildénafil et le tadalafil, l'avanafil appartient à la famille des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) : il ne déclenche pas l'érection à lui seul, il facilite l'afflux sanguin dans les corps caverneux lorsqu'une stimulation sexuelle est présente. Autorisé en Europe depuis 2013 (laboratoire Menarini, nom commercial Spedra), il est décrit dans la littérature pharmacologique comme un inhibiteur de « deuxième génération » : sa molécule a été conçue pour être plus sélective que celle du sildénafil, avec pour objectif un début d'action plus rapide et moins d'effets hors cible.

Le vrai différenciateur : la rapidité d'action
Le RCP de Spedra recommande une prise 15 à 30 minutes avant l'activité sexuelle. Dans les essais cliniques ayant conduit à son autorisation, un effet significatif par rapport au placebo a été observé dès 10 à 12 minutes selon la dose, et environ 70 % des tentatives de rapport ont été réussies dans les 15 minutes suivant la prise. C'est nettement plus rapide que le délai habituellement observé avec le sildénafil (30 à 60 minutes) et comparable, voire plus rapide, au début d'effet du tadalafil.
Et les repas ? — un repas riche en graisses peut retarder l'absorption maximale de l'avanafil jusqu'à environ 1h15, contre un allongement plus marqué avec le sildénafil. La prise reste toutefois efficace sans nécessiter d'être strictement à jeun.
Le comparatif des trois inhibiteurs PDE5
| Sildénafil | Tadalafil | Avanafil | |
|---|---|---|---|
| Délai d'action | 30 à 60 minutes | dès ~30 min (effet initial dès 16 min) | 15 à 30 minutes (effet dès 10-12 min en essai) |
| Durée des effets | 4 à 6 heures | jusqu'à 36 heures | ~5 heures (demi-vie) |
| Sensibilité aux repas gras | oui, absorption ralentie | faible | modérée (absorption retardée, efficacité conservée) |
| Schéma de prise | à la demande uniquement | à la demande ou quotidien à faible dose | à la demande uniquement |
| Sélectivité PDE5 / PDE6 | facteur ~16 | facteur ~550 | facteur ~121 |
Sélectivité PDE5/PDE6 : plus le facteur est élevé, plus la molécule épargne la phosphodiestérase de type 6 (impliquée dans la vision), un mécanisme associé aux troubles visuels transitoires rapportés sous sildénafil.
Effets indésirables : ce que montrent les essais
Dans les essais cliniques ayant servi à son autorisation, les effets indésirables les plus fréquemment rapportés avec l'avanafil sont la congestion nasale, les céphalées et les bouffées vasomotrices (chacun touchant moins de 14 % des patients selon les données regroupées), et plus rarement une vision trouble transitoire. Une méta-analyse rapporte un risque relatif d'environ 2,4 de présenter un effet indésirable quelconque sous avanafil par rapport au placebo — un ordre de grandeur comparable à celui des autres inhibiteurs de la PDE5, sans signal de sur-risque spécifique. Moins de 3 % des patients arrêtent le traitement en raison d'un effet indésirable.
Interaction à connaître — le jus de pamplemousse augmente les concentrations plasmatiques d'avanafil et, avec elles, le risque d'effets indésirables : mieux vaut l'éviter au moment de la prise. Les inhibiteurs puissants du CYP3A4 (certains antifongiques, certains traitements du VIH) ont le même effet et nécessitent un ajustement médical.

Contre-indications et sécurité cardiovasculaire
Contre-indication absolue — comme le sildénafil et le tadalafil, l'avanafil est formellement contre-indiqué en association avec les dérivés nitrés (traitements de l'angor) et le riociguat : le risque est une chute de tension sévère. Il est également déconseillé en cas d'infarctus récent, d'accident vasculaire cérébral récent, d'insuffisance cardiaque significative ou d'hypotension non contrôlée.
Le RCP prévoit aussi une adaptation de la posologie en cas d'insuffisance hépatique, et une prudence particulière chez les patients recevant des traitements qui modifient son métabolisme. L'activité sexuelle représentant un effort cardiovasculaire comparable à un exercice modéré, l'évaluation des antécédents et des traitements en cours par un médecin reste un préalable non négociable, quelle que soit la molécule choisie.
Ce que disent les recommandations médicales
Les recommandations françaises de l'Association Française d'Urologie et de la Société Française de Médecine Sexuelle (AFU/SFMS, 2024) placent les inhibiteurs de la PDE5 — sildénafil, tadalafil et avanafil confondus — en traitement de première intention de la dysfonction érectile (grade A), sans hiérarchiser une molécule au-dessus des autres. Elles recommandent en revanche d'augmenter progressivement les doses et de retenir la dose minimale efficace pour limiter les effets indésirables (grade B) — une logique de titration individuelle, plutôt qu'un choix figé d'avance.
Pour qui l'avanafil peut être une option pertinente
Il n'y a pas de molécule « supérieure » dans l'absolu : le choix dépend du profil de chacun. L'avanafil peut être une piste à discuter avec un médecin pour les hommes qui recherchent davantage de spontanéité (délai d'action court, sans devoir anticiper le repas avec la même rigueur que pour le sildénafil), ou qui souhaitent éviter les douleurs musculaires et dorsales parfois rapportées sous tadalafil. À l'inverse, un homme ayant des rapports fréquents et cherchant une fenêtre d'action très large restera probablement mieux servi par le tadalafil en prise quotidienne. C'est précisément ce type d'arbitrage — fréquence des rapports, tolérance, traitements en cours, antécédents cardiovasculaires — qu'un médecin évalue avant de prescrire.
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Questions fréquentes
Sources
- Avanafil : substance active à effet thérapeutique — VIDAL (2026)
- SPEDRA 100 mg, comprimé — fiche RCP/notice — Base de données publique des médicaments (2026)
- A comparison of the available phosphodiesterase-5 inhibitors in the treatment of erectile dysfunction: a focus on avanafil (Evans & Hill) — PubMed Central (2015)
- Argumentaire — Recommandations « Dysfonction érectile » (AFU/SFMS), version finale — AFU/SFMS — urofrance.org (2024)
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. L'avanafil, comme le sildénafil et le tadalafil, est un médicament soumis à prescription : seul un médecin peut établir un diagnostic et décider d'un traitement adapté à votre situation, notamment au regard de vos antécédents cardiovasculaires et hépatiques. Les résultats varient selon les individus et ne sont pas garantis. Les visuels de cet article sont illustratifs et ne constituent pas un schéma médical. En cas de symptôme ou de doute, consultez un professionnel de santé.
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